3- Extrait de Bam’city, la trancheuse d’ananas.

Pourtant quels que soient nos critères culturels, les femmes sont belles… Quel que soit leur age, leur activité, leurs sourires nous illuminent. Un enfant dans le dos, des bassines colorées sur la tête, des sacs au bout des bras, elles marchent, droites, majestueuses, pieds nues au milieu des débris et de la poussière.
Des métiers, des couleurs, l’une d’elle est affairée à couper des ananas, rue Poincaré, elle surprend mon regard. Observation mutuelle, sourires timides échangés.

La curiosité est plus forte, elle interrompt son travail, laisse les ananas coupés sur le bord de la route et traverse. Elle vient voir ce que je fais. Mes pinceaux, mon carnet et surtout l’esquisse d’elle-même… Elle rit, surprise. Nous ne parlons pas la même langue mais nos yeux se comprennent. Je lui montre les hommes en face assis à discuter, je la montre elle sur le dessin en train de travailler…et nous rions, complices, femmes du bout du monde.

Elle a fait le premier pas et retourne à son travail, accroupie sur le bord de route entre deux bassines, un couteau et du jus ensoleillé plein les mains…
A mon tour je traverse, bout de papier, petite offrande, je lui donne un croquis, petit papier de vie. Elle est tellement surprise. Les hommes s’arrêtent de parler.

les hommes discutent, la femme travaille ...
les hommes discutent, la femme travaille …

A leur tour de nous observer. Je m’approche et leur montre leurs silhouettes sur le dessin, et avec le langage universel des signes et du sourire je leur fais comprendre que pendant leur discussions la jeune femme travaille …

Eclats de rire, éclats de vie au milieu de la poussière de cette petite rue nos échanges ont fait naître une amitié instantanée et éphémère.
En face du colleur de billets, les hommes assis derrière sont étonnés que je ne sorte pas un appareil photo pour voler leurs âmes sans rien demander, étonnés que je vienne leur parler et que je me moque moi aussi…La femme travaille, les mains dans le jus, les hommes discutent les mains agitées pour s’exprimer….Tous observent le monde qui passe. Ils m’ont surement oubliés, mon petit papier plié dans le pagne a du s’imbiber de jus d’ananas. J’ai vite esquissé un deuxième dessin pour garder un souvenir comme une photo sur une pellicule ou une carte sd….dans mon carnet! Nous nous sommes salués, avec beaucoup de respect, heureux de ce petit moment aux flagrances d’ananas…

Belles rencontres.

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