18-A Bam’city, Judith cuisine.

Contrairement au centre garçon où les repas ne sont pas servis, chez les filles les repas sont préparés par la cuisinière Judith.

judith

 

Petit bout de femme, elle implique les filles dans la préparation des repas, les courses, le choix des aliments, l’utilisation des restes, la conservation des aliments.

Son rôle est celui d’une maman qui montre comment cuisiner, les accompagne aux courses.

 

Mais elle est  aussi la maman qui protège, s’inquiète et passe les voir en fin de journée lorsque les filles ont quitté le centre. L’air de rien, Judith la maman, passe près de la mosquée, l’air de rien… Elle laisse trainer un sourire, une poignée de main, elle surveille et soutien avec tendresse les filles qui vont passer une nuit de plus dehors.

Alors chaque jour, les repas chauds de Judith sont des pansements d’amour qui permettent aux filles d’être plus fortes le soir.

Entourée de ses marmites colorées ou de fer blanc, installée sur sa chaise plastique, Judith est comme un chef d’orchestre face à son petit brasero. Elle rince dans l’un, dépose dans l’autre, coupe, pile, mixe en un tour de main.

Le fumet de sa préparation s’évapore autour de nous. Lui demander une recette, un savoir faire la fait sourire. Il suffit de regarder me dit-elle. Elle se prête au jeu, mais en recopiant scrupuleusement ses indications je me rends compte qu’il me manque des étapes…Tant pis, j’ai partagé avec elle des moments riches de saveur….DSCN1291

 

Une recette de Judith: Tia digana nyougouma, LE riz sauce arachide

Un peu d’eau, au fond de la marmite (de fer blanc sur le brasero), mettre la viande de bœuf, de l’oignon, de la tomate, sans oublier le carré magique, kub d’or, magic Kub qui donne du gout.

Laisse « bou » et ajoute la pâte d’arachide (2 bols)

On ajoute de l’eau (1,5 litre environ) on « bou » , on tourne…

On met une feuille de haricot ou une feuille de chou, de l’oignon et une aubergine. Puis le riz, qui s’imprègne de la sauce. On ne cuit pas le riz à part, ici, l’eau est trop précieuse pour la jeter. On la rajoute peu à peu à la préparation pour que le riz gonfle.

Le Bœuf peut être remplacé par des petits poissons, selon la récolte du marché, selon les jours, selon qui va au marché, selon le budget…

On réserve le poisson grillé sur le brasero pour le poser délicatement sur le dessus du plat. Judith ne néglige jamais la présentation. Elle va même y rajouter quelques cuillères, juste pour nous ;

Les repas sont pris à l’intérieur, à l’abri du soleil, sur une natte, assises autour du grand plat de fer blanc. Les filles prennent du bout des doigts un peu de riz qu’elles saucent pour lui donner du gout. Le repas est pris au milieu des rires et des palabres. On ne parle pas la même langue mais les partages d’émotion passent par les regards. Judith jubile ! Facile, nous sommes toutes autour de son plat, lui faisant honneur. Il est dégusté…

Le plat est « nettoyé » de son contenu délicatement, du bout des doigts chaque morceau est savouré… Les plats vides sont ramassés, entassés et portés par Massitan de l’autre côté de la cour.

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Après les repas de Judith, la vaisselle est faite par Massitan dans la cour… Une fois fini, Judith abandonne ses casseroles et se repose, laissant aux petites mains qui ont le ventre bien rempli de tout nettoyer. On range les instruments dans une petite pièce au fond de la cour jusqu’à la prochaine représentation de Judith. La musique de ces casseroles ne va pas tarder à faire vibrer à nouveau les petits estomacs des filles.

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