La colère

Cette chose là, indescriptible qui m’assèche la gorge et me fait culpabiliser en même temps. J’ai juste envie de hurler alors que 5mn avant je souriais de manière insouciante.

Cette déraison qui soudain brouille l’esprit et hache les mots. Lentement quelque chose monte dans le corps, comme une vague, un ressentiment, un sentiment qui se charge avant de sortir exploser avec rancœur devant tout le monde !

Le temps d’une crise, un livre qui vole, des cris qui blessent, des pleurs et des dents qui se serrent.

Irritation des mots qui passent dans la gorge, brûlent le calme dans un seul souffle agressif.

Qui est responsable de notre frustration, de ma propre frustration ?

Emotion simple et irraisonnée contre l’obstacle à notre satisfaction qui nous fait « péter les plombs » !

Est-ce mon fils qui perturbe ma soirée alors que je pensais la passer à écrire ?

Est-ce les copies des élèves qui sont mauvaises et trop longues qui entraînent des lectures et relectures sans fin et bousillent mon week-end ?

Est-ce le travail qui me prend tout mon temps libre ?

même plus le temps d’aller à la danse ou au Yoga…

Je ne peux plus évacuer le trop plein, il fallait bien que çà sorte….

Mais là, plus personne pour m’écouter crier.

 

Et tout d’un coup, seule au milieu du salon, je me sens encore courroucée. Mais je n’ai plus personne sur qui la passer cette colère, à part moi-même. 

Seule je rumine ma colère, j’ai encore la gorge qui brûle de mes propres cris.

C’est à ce moment là que doucement, lentement elle s’est immiscée en moi, elle, cette culpabilité qui fait tomber ma colère comme un soufflet.

Et finalement je sais, ce n’est ni contre mon fils, ni contre mon mari, ni contre mon boulot…c’est tout simplement la peur de manquer de temps pour écrire encore et encore. La frustration de ne pas pouvoir écrire ce soir…je deviens « addict » des mots, chaque soir, chaque jour il me faut ma dose.

Je suis exaspérée de ce casse tête émotionnel qui me fait tourner en rond. Je reste centrée sur moi, mes émotions, et je n’invente plus rien. Les histoires restent en morceau je n’ai le temps de rien faire, de rien approfondir. Elle est là ma frustration !!! C’est bien un manque de temps, un manque de temps pour faire ce que j’aime…

Et puis soudain je me rappelle que ce matin j’ai pris le temps de lire un passage de Philippe Delerm, « journal d’un homme heureux » ; C’est SA faute, c’est à lui que je dois ma colère de ce soir. Dans son journal il explique avec bonheur qu’il a le temps, qu’il a le temps d’écrire.

J’ai regardé par la fenêtre, avalé une dernière gorgée de thé détox et ma montre m’a dit qu’il était temps d’aller travailler !

Toute la journée j’ai mis de coté le fait que je n’avais pas le temps. Et là, en fin de journée je n’ai plus supporté d’être stressée, pressée par le temps qui moi m’empêche d’écrire.

Ma colère n’est pas justifiée, mais c’était peut être tout simplement de la jalousie. Pas de livres, pas de reconnaissances de mes mots par une savante maison d’édition, juste mon journal et ma colère quand je ne peux pas évacuer tous mes mots qui sont pour moi la raison de me sentir une femme heureuse… et non coléreuse !!!

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