Vieille branche…

Oublié, jeté, délaissé après toutes ces heures de gloires sous les lumières scintillantes de la nuit. Le froid l’enveloppe esseulé sous les rayons du soleil. Au bord du trottoir, il regarde les voitures passer, c’est son dernier moment il le sait…Son ombre est triste, il s’appuie encore un instant sur le mur de pierres derrière lui.

Mur de pierres, vestige d’un temps plus long il revit le même scénario depuis des années maintenant. Il est là pour les regarder passer, jeté à la rue au lendemain de noël…Les hommes sont pressés de passer à autre chose, d’autres saisons, d’autres consommations.

Cette sensation du temps trop vite passé qui revient chaque année.

Au milieu des ficelles bouclées, des papiers froissés, les passants le regardent sans le voir. N’est ce pas la preuve d’un trop plein de consommation, d’un abandon rapide, nos vies à 100 à l’heure ?

Noël passé on pense déjà à l’été, le sable, les coquillages… Il n’a pas sa place.

Un coup de mistral lui enlève son écharpe verte d’épines… Il soupire.

Coupé dans la force de l’age pour donner l’illusion d’une forêt enguirlandée…

Oublié, jeté, délaissé après toutes ces heures de gloires, un vieil homme vient lui aussi à passer tout doucement, bousculant le petit sapin abandonné sur le trottoir.

Ils se regardent…

Le vieil homme se sent comme le sapin, je n’ai pas dit « il sent le sapin » !

Bien au contraire, son pas est alerte dans le vent. Certaines vieilles branches sont remisées avec les guirlandes, on les ressortira peut être l’hiver prochain, si elles ont résisté au froid, au vent, à l’été, à la poussière de la mise au garage…

Mais pas lui, ce vieil homme n’a pas l’air triste… Il a encore de vraies racines, bien profondes qui le tiennent encore à la terre, elles resteront comme le mur de pierre, plus longtemps…  

Sur le bord du trottoir après noël, le vieil homme se presse. Il a encore les papiers froissés, les ficelles dorées dans son panier… Illusion d’une fête trop rapide, il va la prolonger avec ses petits enfants, comme tous les mercredis. Aujourd’hui ils vont découper les jolis papiers.

Le vieil homme sourit, remet délicatement une guirlande qui avait glissée du petit sapin.

D’une caresse il le salut avec un clin d’oeil :

«  Allez, salut vieille branche ! »

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