HISTOIRES INDIENNES : Alli LA LUMIERE DU TEMPLE

Elle le tient dans ces mains, comme elle tiendrait sa vie. La lumière est vacillante, fragile, éphémère, comme son avenir. Hésitante elle cherche l’endroit qui pourra recueillir sa flamme. Entre les fleurs elle dépose au pied du grand cheval, prés du lingam de Shiva, sa petite flamme.

Elle sent l’odeur des fleurs et de l’huile qui brûle. Elle sent déjà l’odeur de poussière et de chaleur qui l’entête. Cette pierre lui apportera la sagesse, la fertilité. Le lingam de Shiva va l’aider à se débarrasser de la futilité des émotions. Son troisième œil sera ainsi ouvert, elle sera clairvoyante, elle sera aussi humble que sa grand-mère.

Dans ce village de pêcheur elle accompagnait souvent sa grand-mère au temple cheval, elle l’accompagnait lors des pûjâ. Elle portait les offrandes, les fleurs, les noix de coco, le riz. Elle connaissait tout le rituel, elle se remémorait toutes les étapes, elle sentait encore la poudre rouge sur son front…là, au niveau du troisième œil.

Est-ce sa grand-mère qui a permis que la « petite » réussisse si bien à l’école ? les pûjâ étaient pour elle, « sa » petite…Elle se rappelle son regard, les gestes, les odeurs. Elle se rappelle sa grand-mère indienne qui s’enroulait dans son plus beau sari pour aller au temple avec elle. Alors en sa mémoire, elle dépose la lumière au temple, juste pour elle.

Elle revient rarement ici, maintenant sa vie est loin d’ici, en France, dans le froid de la grande capitale. Elle travaille dans la couture, grâce à sa grand-mère aussi c’est sur… 

Elle était une petite main dans un atelier du quartier, son grand père pêcheur lui reprisait les filets. Elle passait toutes ses vacances avec eux. C’était écrit, elle devait travailler dans la couture, dans les tissus, dans les filets des robes de soirées parisiennes.

Son ventre est rond, elle remercie le lingam de Shiva, ici on ne dit pas le sexe de l’enfant, mais elle espère que ce sera une fille pour pouvoir lui donner le nom de sa grand-mère, elle sera alors son guide. Elle s’appellera «  Alli », le nénuphar blanc, le pétale. Elle reviendra ici dans son plus beau sari. Elle lui apprendra, et lui montrera son âme, son ADN d’indienne malgré la vie parisienne.

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