Doux et sucré…

Une douce amitié, amère et salée qui peut être brisée à tout instant par un excès de fierté. «  C’est à toi d’appeler…alors je n’appellerai pas », même si çà fait mal ce silence qui s’éternise ! En manque de toi…

On a joué à çà comme des imbéciles, et puis comme tu aimais à le dire, il y en a toujours un qui aime plus que l’autre, un qui souffre plus vite et qui craque en premier pour  donner ses excuses, et demander son pardon, car notre vie sans notre amitié n’avait pas de sens.

Une amitié sucrée par l’écho du soleil sur nos vies malgré les non dits, qui viennent d’autres pays. Au-delà du temps et des distances on se choisit ses amis, peut-être aussi parce qu’ils peuvent garder nos secrets et partager nos doutes. La confiance et le respect de nos enfances s’entrelacent formant alors un lien indestructible que nous sommes les seuls à comprendre.

Même les baisers volés de l’enfance qui peuvent rendre l’amitié quelque fois amère, esseulée par les lèvres salées ne pourront pas nous atteindre. Sous le reflet de tes yeux que le soleil fait briller de mille feux on se sourit comme au premier jour.

Nos amitiés ne sont pas vouées à être partagées avec d’autres. Doux et sucrés, comme les pots de miel dérobés chez l’apiculteur au péril de nos vies ! Nos petits bonheurs d’adolescents, de balades interdites, de courses au bord de mer, et puis le danger de l’amitié qui fait qu’un jour on cherche plus, on ne veut pas moins, et si on allait plus loin ?

 Alors on cherche sans trouver et on regrette une fois que l’on s’est brulé les ailes à se frôler les lèvres au point de ne plus oser s’appeler. Pour un temps seulement.

La prise de risque, la mise en danger nous ont quitté dans notre routine d’adulte. Amertume, je crois toujours avoir mon âme d’enfant mais les conventions, nouvelles règles et valeurs me font douter et prendre de la distance par rapport à mes souhaits les plus secrets.

Et si on s’était marié ? Des tas de questions d’enfants dans la tête d’un adulte sans réponse. La fossette se creuse. On se surprend à rêver, faut il encore  jouer à la dinette, à papa maman, aux aventuriers attaqués au milieu des oliviers  par des ennemis imaginaires ? A nos âges, c’est plus risqué ?!

Il reste au fond du jardin l’épave de notre cabane d’enfant, bout d’histoires qui nous faisaient tant rire. Des bouts de tissus comme des lambeaux de nos vies encore accrochés aux branches.  Puis nos enfants ont pris le relais, on se revoit un peu trop en eux…on revit quelques instants nos disputes, nos coups de gueules, nos inquiétudes et reproches de  vies, nos espoirs les plus secrets…

« Non je ne t’appellerai pas ! qu’est ce que ta femme va penser maintenant que je suis de nouveau célibataire ?! Par contre en tant qu’ami tu pourrais prendre de mes nouvelles puisque tu sais très bien quelles sont les épreuves que je vis… »

La distance sépare les corps difformes et mutilés par le temps, brisés par les non dits ; Nos corps informent sur les lignes de nos vies comme le tronc des arbres géants qui reflètent les lignes de vie fossilisées, cercles de vie sans fin. Nos cœurs informent sur nos blessures maintenues comme des plaies ouvertes en l’absence de l’autre à qui l’on ne peut plus toujours se confier .

« C’est quand la dernière fois que je t’ai appelé ? c’est quand la dernière fois que l’on a osé se parler à cœur ouvert comme avant, comme des enfants ? »

Le sel dans nos yeux rend les cafés plus amers, les regrets de l’éloignement qui font  qu’on ne sait plus se parler, l’éloignement amer de nos corps qui n’osent plus se bousculer au point de se faire tomber dans les éclats de rire. Nous sommes des adultes emprisonnés dans nos corps, nos conventions qui n’ont plus la liberté d’avant.

Me voilà entrain de lire ce texte à tes obsèques, comme un long poème doux et sucré, j’ai déposé pour toi, au milieu des fleurs, notre coffre à trésor. Il contient un pot de miel, un scoubidou, notre photo jauni, un bout de tissu de notre cabane, des cailloux-trésor,  le pendentif en cœur que tu m’avais offert, le petit ange que j’avais sculpté pour te porter chance, quelques cartes postales du bout du monde, des bouts de ficelles, des bouts de nos vies, nos correspondances et autres recettes de vie et notre promesse croix de bois croix de fer de tout partager de tout se dire sur un papier d’écolier signé.

Alors j’ai écrit avec l’impression que l’on me brisait les mains, j’ai écrit « je t’aime pour toujours » sur mon bout de papier d’écolier. Je l’ai plié dans la douleur de ton absence. Je l’ai parfumé comme tu aimais et je l’ai glissé dans la poche de ta veste sous le regard douloureux de Vanessa, ta femme. Elle n’a jamais pu comprendre notre amitié…

Toutes ses larmes qui m’entourent, ce silence froid de l’église, l’odeur de l’encens me rappelle encore notre enfance, quand demoiselle d’honneur je te tenais la main en tenant la robe de mariée de ma sœur. Nos regards disaient plus que les mots et on avait eu l’impression peut être ce jour là d’être unis à notre tour devant la « Marie ». Le prêtre nous avait sourit et fait un clin d’œil, persuadé un jour de nous marier….

Il ne s’attendait pas à célébrer tes obsèques avant…

Il fuit mon regard conscient de toute la douleur qu’il pourrait lui faire voir. Mais ces paroles me bercent, la musique de Nerina Pallot raisonne,… « finally »…c’est cette musique que j’ai choisi,…finalement la vie est ainsi, c’était écrit….

Alors bientôt je te rejoindrai, on le sait nos lignes de vie se rejoignent dans une cabane de nuages…et alors là plus de non dit, nos cercles de vie se sont retrouvés, plus de honte à s’avouer qu’on s’aime, l’amitié aussi donne le droit d’aimer sans ambiguïté, sans jalousie, sans envie ni désir. On aura dépassé tout çà. Trop fière de t’avoir eu comme ami, douce amitié qui a su nous accompagner tout au long de notre vie.  Tes yeux avaient le pouvoir de faire taire mes colères, d’écorcher la lune lors de nos fugues et d’éteindre le soleil lors de nos lendemains de fêtes épuisantes.  Nos lignes de vie parallèles et éphémères sont plus belles encore sous le reflet du soleil, nos sillons sont inséparables, gravés dans les lignes de l’amitié le plus beau des liens qui dépassent tous les tracas de la vie.

A jamais ou pour toujours, mon ange, mon ami pour la vie.

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