Oublie moi

Ce rêve là me disait de toi que tu souffrais.

Ce rêve là où tu me parlais de ton choix de partir, pour oublier, pour recommencer.

Ce rêve là me disait de me taire pour ne plus y penser.

Ce rêve là où tu pleurais de mes mots, sans oublier chaque mot prononcé.

Toute ma peine de savoir que je te fais souffrir, toute ma haine contre mes propres mots qui peuvent te blesser alors qu’ils voulaient juste te dire que je continuais de t’aimer.

Le silence d’après le rêve, quand ma gorge est encore sèche et mes yeux fermés.

Le café est si noir, mon amertume si profonde, mes mains glacées en plein été.

L’absence de mots pour expliquer le ressenti de culpabilité de te brouiller l’esprit au point que le mien ne tourne plus rond non plus.

Le bruit de la cuillère qui tourne dans la tasse, les ronds de café sur la table. Il faut commencer à oublier les rêves et s’introduire dans la journée.

Ce rêve là me disait de toi que tu continues d’y penser.

Ce rêve là où tu finissais par te murer dans les silences, les souffrances, l’absence, la distance. Juste pour te protéger, pour essayer d’oublier.

J’ai renversé mon café. Je suis brûlée, tachée, désespérée.

De mon coté je n’arrive pas à t’oublier, au contraire, j’idéalise une relation qui n’a jamais eu lieu, qui reste impossible et indicible, indescriptible.

Les mots tourbillonnent encore, est ce que j’ai encore le droit de t’appeler après ce rêve là. C’est peut être encore trop idéaliser une amitié qui n’a jusque là rien donné de fatalité, de réalité. Des peaux à peine effleurées, pas vraiment caressées, mais écorchées de non dits.

La tâche de café forme un cœur sur mon tee shirt blanc. Un cœur noirci, renversé, aux contours indéfinis.

A la radio « fading away » d’Adam Naas.

J’ai l’impression que c’est toi qui me parle.

« feel love but il’s over, i go down….”

fading away, estomper, comme les détails de mon rêve, comme notre histoire. Elle s’estompe au fur et à mesure de nos silences.

Alors je rêve éveillé, je rêve de ce que je devrais te conseiller :

« Oublie moi »

Oublie moi parce que moi je n’y arriverai pas. A chaque mot, chaque instant je le vis pour toi.

La musique s’arrête.

Le silence du matin, la radio défile les informations, mon esprit erre vers mes émotions.

J’ai rêvé encore une fois, une dernière fois, encore un déni…

Je t’écris mon rêve, je t’écris sans que tu lises, car cette fois je sais c’est ta dernière chance de te construire et de me laisser mourir en silence.

Mes larmes ne changeront rien à ce que j’ai glissé dans l’enveloppe.

« oublie moi »

parce que moi je ne peux pas m’arrêter de t’aimer, de te rêver, de t’appeler, de t’écrire, de te pleurer.

 

Oublie moi car pour moi il est trop tard, je ne peux rien recommencer, je ne peux que continuer de t’aimer chaque matin en renversant mon café.

Mais toi, « oublie moi ». Arrête le café, il ne peut que te brouiller, te culpabiliser par amertume.

« oublie moi »

mais ne t’inquiète pas, quelque part tu sais qu’il y aura toujours quelqu’un pour t’aimer.

Alors « oublie moi »

Je continuerais de rêver qu’il n’est pas trop tard pour moi, et que l’on peut encore m’aimer.


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