Canal city: 9# La guerre du canal

Promenade du matin, sur le bord du canal se promène un vieil homme, deux cannes et un chien. Son pas est rythmé par le toc toc des cannes sur les pierres du sentier. Lentement au milieu des arbres, son ombre se glisse et se reflète dans le canal. Sa vie est sûrement là, entre deux reflets, quelques pas, quelques rencontres… Il lève la canne pour nous saluer, comme si nous étions des amis de longue date.

 

Un peu plus loin un pêcheur nous hèle. C’est en réalité comme un appel au secours, sous l’apparente sérénité du canal un combat s’est engagé. Nous ne savons pas depuis combien de temps ils luttent l’un contre l’autre…mais nous sommes les premiers à nous arrêter.

Son chien tourne autour de lui en aboyant comme pour l’encourager à  résister. Il nous demande de récupérer rapidement une espèce de massue dans sa camionnette garée derrière. Un véritable armement trône à l’arrière de sa fourgonnette. Canne à pêche en tout genre, des fils, des filets, des marteaux, des couteaux.

Un poisson chat, un silure, qui envahit sournoisement les eaux troubles du canal est à l’origine de son cri. Le pêcheur nous apprend que ces poissons dévorent toutes les espèces qui habitent le canal. Ils auraient même mangé un petit chien, un canard, un cygne…les légendes du canal nous font entendre des choses pires encore. Pêcher ici est un acte de résistance.

Lorsque la bête sort enfin de l’eau, le pêcheur demande notre aide pour l’assommer. La lutte est difficile, le poisson cherche à traîner le pêcheur sur son territoire.

Cette bête nous apparaît comme un monstre, un bon mètre de muscles et d’horreur sorti de l’eau sombre du canal.  Une odeur de vase, nauséabonde nous prend les narines.  Une espèce qui apparaît dangereuse  pour nous, mais aussi pour le canal et ses habitants. Le monstre git sur le sol. Le pêcheur semble lutter en vain pour protéger son précieux canal.

« En plus, ces bestioles ne sont même pas mangeables, pleins d’arrêtes. » nous dit il avec un air de dégoût. Il n’a plus peur, il défend son territoire, il protège les lieux.

Il range ses armes dans sa voiture, cette fois c’est lui qui a gagné, la victime reste au sol. La guerre continue, il ne sait pas combien de batailles encore il lui reste.

Le vieux vient de passer, du bout de sa canne il vérifie que le monstre est mort. Il salue le pêcheur en levant sa canne, le félicite d’un hochement de tête. Aujourd’hui c’est la victoire.

Mais la guerre continue. 


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